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Textes de cérémonies : le décès d’un parent

"Un enfant n'a jamais les parents dont il rêve. Seuls les enfants sans parents ont des parents de rêve." Boris Cyrulnik

Tendre matin

Premier chagrin, première blessure, première rupture, et derrière chaque larme, je retrouvais ton sourire et un baiser sur ma joue.

J’aimerais que tu me consoles de ce chagrin-là, il n’y a que toi pour cela. Maman s’il te plait, console-moi de toi.

Maman à mon tour, c’est la petite fille en moi qui pleure aujourd’hui. J’ai besoin d’une veilleuse pour ma nuit maman. Raconte-moi une histoire pour m’endormir, une de celle où les bisous magiques emportent tout.

Bonne nuit maman.

Derrière les alizés

Elle t’aimait trop la mer papa. Elle t’a prise dans ses bras et nous laissent un peu cons, ici tous les trois.

Elle t’aimait trop la mer papa, et aujourd’hui nos larmes viennent se mêler à son goût salé.

Tu as levé l’ancre papa, pour t’aventurer dans des contrées jamais arpentées.

L’écume, les bars et les marins d’autrefois, il nous reste que ça papa, pour nous rapprocher de toi.

Loin des eaux profondes et glacées , loin des tempêtes, des ouragans, les sirènes t’ont pris pour amant et nous laissent ici, désolés.

Modèle éternel 

Nous n’étions pas très proche pendant très longtemps. J’ai même parfois eu honte de toi, oui, de toi, ma mère. J’étais même un peu désolée. Je croyais que tu subissais tout alors que moi je choisissais tout. Et un jour j’ai compris, que c’est toi qui étais tout.   

Tu as lutté contre le sort, la vie et puis la maladie. Tu as toujours fait en sorte que nous soyons épargnés mes frères et moi. Nous t’avons toujours vu sourire. Un seul baiser de nous suffisait à te réconforter dans cette vie que tu avais à peine choisie.

J’aimerais à mon tour devenir une part de ce tu as pu accomplir.

Promesse égarée

Je suis en colère papa. Oh non pas contre toi, ni contre moi. Où sont les souvenirs merveilleux ? Les rires autour de la cheminée ? Pourquoi je ne me souviens pas ? Pourquoi est-ce-que je ne me rappelle pas ?

J’étais trop pressée papa, pour venir te voir, et même pour téléphoner. J’étais trop occupée et la vie me l’a rappelée. Je me souviens du café que je ne t’ai pas préparé, de la lettre que je n’ai pas envoyée, des mensonges que j’ai prononcés.

Aide moi papa, rappelle-moi le goût des plats du dimanche. Demande-moi encore de venir jardiner avec toi, je te promets que cette-fois, je serai là.

Enfance figée

Maman, j’ai fait un dessin pour toi. Il y a la maison, mamie, papa, mon petit frère et toi. On m’a dit que tu n’étais plus là, que tu ne reviendrais jamais. Mais tu es là maman, dans le dessin que j’ai fait pour toi.