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Les étapes du deuil, les identifier pour mieux les traverser

La perte d’un proche est un événement marquant, bouleversant. Il nous oblige à endurer une souffrance inconnue en faisant face à une certaine impuissance concernant sa consolation.

La mort fait partie d’un processus, en cela elle est, de manière objective, un fait normal dans la vie de tout être. Pendant longtemps la mort d’un proche, d’un membre de sa famille était un fait commun. Nombreux étaient les bébés morts nés et les femmes qui mourraient lors de l’accouchement. Les veillées et rituels associés en famille structuraient l’ensemble pour permettre de gérer au mieux la douleur. Elle a également du sens pour les croyants qui voient dans la mort d’un individu une étape prochaine et non une fin en soi. Avec la laïcisation, les progrès médicaux et un certain isolement des personnes en fin de vie, le deuil est, dans ce contexte, mal vécu.

Les spécialistes s’accordent sur le fait qu’il faut environ 2 ans pour vivre son deuil, que l’on appelle plus communément « le travail de deuil ». Celui-ci dépend surtout du lien d’attachement avec le proche décédé et des circonstances du décès (longue maladie, accident, mort dite naturelle, etc.).

Elizabeth Kübler-Ross, psychiatre suisse a été la première à identifier les étapes liées au deuil à la fin des années 60. Depuis, plusieurs écoles proposent des déclinaisons différentes de ces étapes mais dans l’ensemble la trame reprend les mêmes éléments essentiels.

Le choix, le déni

Dès l’annonce du décès, le processus de deuil s’enclenche même si vous ne vous en rendez pas compte. Le temps semble s’arrêter et tout est anesthésié. Cette première étape refuse complètement l’idée même que la personne puisse ne plus jamais revenir. De manière concrète cela peut se matérialiser par le fait de mettre le couvert à table pour la personne qui est décédée.

La colère

La colère est double, elle peut être dirigée contre une personne, des circonstances ou le corps médical, mais aussi contre soi. C’est une étape où la culpabilité est très forte notamment dans le cas d’un suicide.

Le marchandage

« Et si on retrouvait sa vie d’avant ? » c’est un peu la fausse promesse de cette étape. Même si vous savez que la personne ne reviendra pas vous êtes prêts à changer et vous vous demandez si une action de votre part aurait pu changer le cours des choses. La culpabilité est également très présente à cette étape.

Dépression, tristesse

Douloureuse, cette étape met en évidence le futur, ces choses qui ne se passeront pas, ces rêves brisés où le manque se fait sentir.

Acceptation

C’est la phase libératrice, le deuil se fait part rapport au défunt mais aussi par rapport à sa vie avec lui. C’est une phase de renouvellement, de nouvelle vie, de nouveaux projets et rêves associés. Le deuil est donc un travail qui permet d’apprendre à gérer la douleur de la perte d’un être cher mais aussi un travail sur soi et sur sa vie. Le souvenir de la personne persiste mais sans la douleur.

Conseils pour traverser le deuil

  • Patience et indulgence envers soi. Le temps est la clé essentielle.
  • Prendre soin de soi, apprendre des nouvelles choses ou reprendre des activités délaissées.
  • S’exprimer si le besoin s’en fait sentir, par l’écrit, la parole, l’art.
  • Demander de l’aide à ses proches.
  • Consultez un spécialiste, vous êtes votre propre baromètre, n’hésitez pas à demander de l’aide pour mieux aborder votre travail de deuil.

Chaque deuil est unique. Certaines de ces étapes sont vécues avec plus ou moins d’intensité, et elles sont également plus ou moins longues. Tout comme l’amour porté au défunt, le deuil est quelque chose d’imperceptible et d’intime. Ces étapes ne sont pas nécessairement vécues à la suite et il se peut que des itérations aient lieues entre les étapes jusqu’à une libération finale.