Partager cette page

Les différentes catégories de deuil

Pour mieux comprendre et aider une personne endeuillée et s’aider soi-même, il est essentiel pour cela de mieux identifier le deuil que l’on traverse et de se faire aider en conséquence. Comme l’identifier ? Quelques pistes.

On parle à tort de « deuil », pourtant il n’y en a pas un qui se ressemble, tout comme il a différentes manières d’aimer et de ressentir le chagrin. Les deuils seraient plus justes, d’autant que pour certaines personnes ces derniers ne commencent pas de la manière qui est décrite par les cinq étapes, et pour d’autres personnes il ne s’arrête véritablement jamais.

Les deuils sont réunis sont une catégorie que l’on nomme « deuil pathologique » dès lors qu’un trouble de quelque nature qu’il soit apparaît au-delà de l’année qui suit le décès.  Ces troubles peuvent être des problèmes de sommeil, de concentration, etc. Ils sont difficiles à remarquer car la plupart du temps ils peuvent se confondre avec tout autres symptômes d’une période de stress plus commune et apparaître même s’il n’y avait aucun signe jusqu’alors.  

Le deuil anticipé

C’est le deuil que l’on retrouve le plus dans le cadre d’un décès à la suite de soins palliatifs. Les proches étaient confrontés à la douleur de la mort bien avant qu’elle n’arrive. Ce deuil n’est pas attaché qu’au contexte de décès. On le retrouve également dans le cadre d’un divorce par exemple ou d’une perte d’emploi, comme une amputation envisagée. Dans le cadre des soins palliatifs, la douleur est particulière car elle oscille entre le soulagement face à l’agonie de la maladie et la douleur lié au décès.

Le deuil retardé

C’est le deuil pathologique le plus fréquemment rencontré. La première étape du deuil est le déni, or le deuil retardé plonge et reste fixe dans cette étape. Même si l’endeuillé est réellement conscient que l’être aimé est décédé, il n’en demeure pas moins qu’il n’en ressent aucune douleur. Cela pourrait s’avérer tout à fait positif. Or le problème de ce deuil retardé, ou appelé également « deuil absent » c’est qu’il est ravivé à un moment ou à un autre. Cela peut être une anecdote ou n’importe quel déclencheur qui va plonger la personne dans une douleur vive comme si le décès venait d’arriver. Les raisons de ce deuil sont diverses : il peut s’agir d’une manière consciente ou non pour soi de se protéger face à une douleur trop prononcée. Cela peut également se produire lorsque le moment n’est absolument pas propice à l’écoute de son propre chagrin, comme le fait de s’occuper de quelqu’un d’autre (personnes âgées, malades, ou encore une grossesse ou un bébé)

Le deuil inhibé

Celui-ci ressemble au deuil retardé dans ses caractéristiques, ce sont les raisons qui différent. Ici nous sommes plutôt face à une personne qui a du mal à révéler ce qu’elle ressent. Le deuil inhibé est en grande partie celui qui touche le plus les enfants qui ont davantage tendance à intérioriser leur chagrin.

Le deuil non autorisé

C’est le deuil social, celui que vous n’avez pas le droit de montrer, celui dont vous pleurez en cachette une fois les portes fermées. Ce deuil interdit est à l’image de l’amour interdit partagé entre la personne décédée et celle qui lui survit. Il peut s’agir d’un fort lien d’amour ou de culpabilité, par exemple envers un criminel, ou encore un amant ou une maîtresse. La société a tendance à juger la douleur, qu’elle soit visible ou non.

Le deuil histrionique

Très peu entendu, il est également peu vécu, mais il existe. Il s’agit d’un deuil pathologique causé par le syndrome de l’abandon résultant du décès en lui-même. L’endeuillé adopte les mêmes attitudes que le défunt et peut aller jusqu’à développer la même maladie que l’être aimé.

Le deuil traumatique

Ce type de deuil touche plus fréquemment les personnes qui ont un syndrome de l’abandon très développé (comme le deuil histrionique). Les endeuillés se retrouvent en situation de détresse et développe de fortes angoisses. Le deuil traumatique, en plus de la personnalité singulière de l’endeuillé, est amplifié par le nombre d’expositions à des décès, ou par la violence de la perte (accidents, attentats, décès des parents dans le plus jeune âge). Contrairement aux autres types de deuil qui se développe soit plus tard (comme le deuil retardé) ou reste figé dans le temps, le deuil traumatique a tendance à devenir de plus en plus pathologique et s’accentuer sur les trois années qui suivent le choc du décès.

Le deuil maniaque

Il existe une multitude de deuils qui relèvent de cas très particuliers, le deuil maniaque de celui qui nie toutes les conséquences du décès, le deuil traumatique, qui fixe la personne à un moment donné, bloquée totalement dans sa mémoire. Le deuil abortif, sur le deuil lié à l’avortement et à la fausse couche, le deuil périnatal également.

On accole souvent au deuil la notion de « travail » car en effet il s’agit d’une action individuelle. Mais derrière cette notion intimiste, le deuil est surtout une épreuve à part entière, qui doit être écoutée et respectée suivant la personnalité propre de l’endeuillé. Si des troubles apparaissent, ne restez pas seuls avec votre chagrin. Familles et amis peuvent vous apporter du soutien, mais sachez que des professionnels sont à votre écoute. Vous pouvez également faire le choix de vous orienter vers un aspect plus médical, par votre médecin traitement et le cas échéant, un psychologue ou entamer une psychothérapie.